Mon auto-portrait en poésie.

Lundi 30 novembre 2009.    
Au bout du fil…

est une voie, un chemin-frange
que nous lions et relions au gré du temps,
que nous lissons, nous,   polissons !
… à la marge du vent !

Au bout du fil …
est une voix,
une chaîne, une loi, un joug, deux joues,
le plus fort des licous.
Les rêves s’y délient, se lient,
et se relient tout au creux de leur nid,
s’envolent et puis tournoient :
un fil entre nos doigts !

Passe le fil et s’efface le temps,
de sa trace  perlée, le fil a redoublé,
passé dessus, passé dessous,
emmêlé, démêlé, passerillé,
voilé, tramé, lancé, élancé…

Vogue le fil au-delà des nuées :
il se tord dans les gouttes
au linge de nos doutes,
il s’étire, infini.            .

Il plonge dans les flaques,
devient corde à sauter
pour nos âmes à pieds joints,
cordeau entre nos mains.                                Anne.


                                                      
                            Tableau-lampe:"La tête dans les nuages".




Lundi 28 mars 2011. (Marché St Michel. Bordeaux)


« Mé-tissages »

Au tissu d’ mon pays se croisent tous les fils, fils de frères et fils de «  rien », fils invisibles, menus, ténus, de ceux qui tiennent bon, en trame, en chaîne,tout droits ou de travers : tous solidaires.
Quand l’un se rompt au fil du temps, d’autres se serrent car la « mare-gagne », ça d’vient  méchant et ça fait mal au pli du vent.
 Dessus, dessous et de travers, dans tous les sens, les fils se terrent en noir et blanc, en pied de poule, clopin-clopant, pas du vichy assurément !
L’tissu avance depuis longtemps dans mon pays : fils de couleurs comme nos voix venues d’partout : chaudes à pleurer, noires et profondes, rauques, éraillées, blanches ou silentes, elles nous haranguent, entremêlées !
Des fonds d’tiroirs on nous fit croire qu’il valait mieux rester pliés, bien sagement, ou bien roulés sur des bobines… embobinées….
Mais là, ici, c’est le bazar, le joyeux souk de nos velours, de nos bouclettes, toisons douillettes, peaux chatoyantes, tissus légers, flores capricieuses à l’or-parure, fils-volupté, fils captivés.
D’un jour à l’autre les fils muets se sont offert un joli brin de liberté : fils à retordre pour les retords tous gris-polis, fils à r’priser ce vieux tabac qu’est tabassé…
Dans le tissu de mon pays s’ouvre des cieux, des arcs-en-ciel, fenêtres ouvertes sur les margagnes de nos pensées qu’en ont assez de voir filer ce vil coton, pas bon, pas bon !

Dans le tissu de mon pays, en rouge, en rose, en jaune, en vert, en noir, en mauve, en bleu, en brun, en tien, en mien, en jeune, en vieux, serré, floqué,…. chantent en sourdine des kilomètres et des planètes, des fils unis entre nos mains : …
                                               voies réunies ?                                      Anne.