Poésie en fils et mots : tableaux +poémes.



Certains poèmes sont publiés  sous forme d'extraits.
Entrelacs.
Douceur d’automne.

Douceur quand la douleur s’évapore au levant,
enfermée à jamais , ciselée dans le bois,
douceur, oh ma douceur, tu offres entre nos doigts,
les légères volutes de la brume-bruyère
les retours à la brune sous le pin, ami fier…
............................................................. 
    Douceur, oh ma douceur, longue vague de dune,
      tu nous dis sous la lune : viens là tout contre moi !

                            Anne.



Gemme.
Blessure ou gemme.

Connais-tu le flanc défait à force de cognées,
à force  de  défaites, de serrements d'aubier,
silences aux plis trop noirs ?

A mes pieds tenus cois : eaux troublées de la Leyre,
se glissent des ombres mues, muettes au fil du temps,
cachées dedans les bras tout semés de soleils.

Connais-tu les collines, dunes ébènes et promesses,
couvrant d’autres histoires :
.................................................................................
 Connais-tu le verbe être, as-tu donc oublié
que tes dires vers ma cime attirent des étoiles,
en mille éclats tombées sur l'aire de ma foulée ?
.....................................................................................
                                                                                                                  Anne. 




Trois petites notes de musique.






Trois petites notes de musique…( 4 septembre 2008)





Trois aigrettes m’ont fait lever la tête, au toit de ce soir-là, à ce soir qui se penche, à un toi qui s’épanche.


Trois aigrettes s’élèvent, tracent un trait, blancheur frêle....

...Trois aigrettes déposent au filin de ma vie, au souffle de l’instant,


à mes marines en herbe, trois plumes apprivoisées, trois perles irisées,


trois sillages nacrés,………….et me voici… portée !




                       "27"

Vieux chêne immense et bon,
tu plonges au vaste airial
tes branches d’un autre âge .
Tu ancres nos images, totem et bel aubier :
cathédrale de feuilles, j’aime m’y reposer...
...............................................................................  
En tes veines secrètes je reprends le chemin,
chasse ronces et malin pour entonner ton chant
comme doux diapason !...
................................................................................
 Garde-les en ton âme,
ancrés solidement,
car je crois aux manades
où dansent les amants ! 
                                                                  Anne.  







                 

Bruyère.

Tu me souris,
piques, piques…,
de tes feuilles menues,
petits traits qui découpent les cils
du sable,
petits épis magiques,
piques à trois, piques à quatre,
en angles ou en étoiles,
                                             cheveux verts qui chatouillent !

Tu me souris,
dans l’été qui attise
le rire de mes corolles
                        roses…..................   
                                               Anne.






Cigopin.
 Leyre.

Coule, coule, Leyre douce dans les veines des bois !
A tes rives sommes venus déposer nos fardeaux
trouver le monde beau, mettre nos cœurs au chaud.

Auprès de ta lenteur de sable ensemencé
reposent enfin nos hâtes et s’ouvrent les saisons.
Un livre de prières, de fables aux mains d’enfant
est resté sur ta berge, prêt à nous emporter,...
.......................................................................Anne. 






Le baiser.

Trois fils d’or…

Trois fils d’or se déposent
au métier du silence,
.........................................

Trois fils d’or, trois fils d’ange
me murmurent,
demain, hier et maintenant,
Anne.




Accalmie.

   Une mouette, deux mouettes reviennent … pointillés
blancs de ciel…d’un doux creux de la vague en berceau éphémère.
Une mouette, deux mouettes  essaient un vol sauvage à l’élégant dédain, au risque d’abandon, cerfs-volants sans destin....
............................................................................................................
La terre se fait mère, parée de champs-bleuets,
elle s’ endort, apaisée,
en nos corps bercés de multitude.
                                                     Anne.


Images-lignes d'estran.


 

Sur la vague
des terres qui valsent et se retirent,
sur l’onde de tes fables, de nos rives secrètes,
au jardin éphémère qui lie plus d'une botte,
à la racine forte comme musique au vent,...
........................................................................
c’est la mousse qui boit
nos chagrins, nos douceurs,
le pin couché recueille
nos terres en confluence,
         la bruyère sourit  au creux de nos errances. 
                                                                  Anne Fruchon.


 
...Bayonne sous la nuit,

tu rêves au coeur des pierres,

des voûtes et des ruelles.

Une saison s'achève,

s'évade sur l'asphalte,

monte droit aux collines

et s'endort au fauteuil

du poète de l'ombre :

ses histoires s'écrivent,

chuchoteront longtemps

au tambourin des ondes...

Anne.



 
Montagne.

Montagne immuable,
tu braves et tu attends
nos corps ensommeillés d'hiver.

Tu respires au-dessus de nos plages,
à contre-jour, poudrée, cachée, secrète,
évidence étendue, noyée au bleu d'asphalte,
horizon désiré, tendrement retrouvé,
au clignement des yeux, à la pointe du coeur !

Montagne brune nappée de rêves,
présente au creux de mon espace,
fidèle étreinte, éternité,
tu m'es lien et clarté, à jamais !



Anne.





Lundi 25 mai 2015.

A Marie, William et leurs deux enfants.


Nous sommes des maisons
où soufflent des tempêtes,
où s'étripent des bêtes,
aux charpentes sans lois.

Nous sommes des maisons
aux recoins de passés
où sommeillent des fêtes
et d'obscures pensées.

Nous sommes des maisons,
soudain belles, éclairées,
où éclate la joie
le bruissement de l'eau
que bercent les ruisseaux.

Nous sommes des maisons,
couleurs émerveillées
au silence-raison.

Nous sommes maisons douces,
hâvres pour l'amitié,
où gîtent les âmes belles
désormais délivrées...

Et de ces maisons-mères
qui jamais n'ont l'oubli
du babil des petits,
je vous envoie le "oui",
et la vie qui sourit
et l'amour sous la pluie !


Anne.



              
               Munduko azala : chapelle St Antoine, dans le massif des Arbailles.

 
25 juillet 2015.



Au murmure des oiseaux,
scintille le ruisseau.
Ma lampe sous le boisseau
a des envies d'éclairs.

Au village bien né,
au village niché,
au creux de mémoires vives,
au village caché,
au regard des collines,
au village recueil,
confluent les transhumances
où militent les âmes
et devisent les sages
sous les chênes bercés
d'humanité, soudaine...




 
8 janvier 2015.


A Charlie,
à
Frédéric Boisseau, agent d'entretien,
Franck Brinsolaro, brigadier au service de la protection,
Jean Cabut, dit Cabu, dessinateur,
Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse,
Stéphane Charbonnier, dit Charb, dessinateur,
Philippe Honoré, dit Honoré, dessinateur,
Bernard Maris, économiste et chroniqueur,
Ahmed Merabet, agent de police,
Mustapha Ourrad, correcteur,
Michel Renaud, ancien directeur de cabinet du maire de Clermont,
Bernard Verlhac, dit Tignous, dessinateur,
Georges Wolinski, dessinateur,
Clarissa Jean-Philippe,
Yohann Cohen,
Yoav Hattab,
Philippe Braham,
François Michel Saada.

Ecris,
contre les vitres où pleure mon pays,
écris contre les peurs où coule ma planète,
écris comme respire une foule muette,
écris sans un mot qui puisse dire
l'horreur et la pitié,
la fureur des bêtes !

Ecris et que s'envolent nos feuilles
en bouquets, en comètes.
Ecris comme jaillit le sang
dans nos veines sans fin !

Ecris, à corps, à cri,
la lumière si douce
de vos regards partis !
Ecris, retiens encore un peu
l'illusion de vos vaillantes farces !

Ecris comme on penche le coeur
aux premiers pas du tout premier enfant,
comme ils donnaient la main
à notre esprit aveugle!

Ecris et chasse les nuages
de ton sceau, de ta plume !
Echouée en ta langue,
ton radeau de douceur
Ecris sur ta Babel désertée!
Ecris en chaque mot
une balle frappée
au fronton des tendresses !

Ecris comme un chant disparu
tissé par nos voix...confondues !

Ecris l'éclat de rire à l'encre des mémoires
le long du fleuve amer où rêvent les bouffons.
De leur mort est venue une marée d'étreintes!

Ecris et que ne sonne, plus jamais,
le glas de la raison !

Ecris, écris après le noir chagrin,
après les cris de l'explosion,
écris les larmes rouges, écris les fleuves bleus,
et cueille une pluie de crayons
à dessiner le ciel aux couleurs d'arc-en-miel.


Ecris, écris, lis, et pétris le pain de cette vie !


Anne Fruchon
2015ko urtarrilaren 8an.

CHARLIERENTZAT

Frederic Boisseau, garbiketa langileari
Franck Brinsolaro, geriza zerbitzuetako poliziari
Jean Cabut, Cabu deitu marrazkilariari
Elsa Cayat, psikanalista eta kronikariari
Stephane Charbonnier, Charb deitu marrazkilariari
Philippe Honoré, Honoré deitu marrazkilariari
Bernard Maris, ekonomiari eta kronikariari
Ahmed Merabet, polizia agenteari
Mustapha Ourrad, zuzentzaileari
Michel Renaud, Clermonteko auzapezaren kabinete zuzendari ohiari
Bernard Verlhac, Tignous deitu marrazkilariari
Georges Wolinski, marrazkilariari
Clarissa Jean-Philipperi
Yohann Coheni
Yoav Hattabi
Philippe Brahami
François Michel Saadari.

Idatzi ezazu,
Nire herria negarrez dagoen berinen aurka idatzi ezazu,
Nire planeta isurtzen doan beldurren aurka idatzi ezazu,
Jendetza mutu batek hatsa hartzen duen bezala idatzi ezazu,
Urrikia eta sarraskia, abereen amorrua erran lezaken
Hitzik gabe idatzi ezazu!

Idatzi ezazu eta gure hostoak, lore sorta,
Izar-loka antzera airatu daitezela,
Idatzi ezazu etengabeko gure zainetan
Odola jazartzen den bezala!

Idatzi ezazu, gorputz, oihu,
Zuen begirada joanen
Argitasun hain eztia!
Idatzi ezazu, zaindu oraindik piska batean
Zuen txantxa lantsuen ilusioa.

Idatzi ezazu sorturiko lehen haurraren
Urratsetan bihotza lehertzen den bezala,
Gure izpiritu itsuei nola ematen
Zieten eskua!

Idatzi ezazu eta haizatu zure eskudoaren
Lainoa, zure lumarena!
Zure mintzoan enkailaturiko
Zure eztitasunezko almadia!
Zure Babel utziaren gainean idatzi ezazu!
Bala zafratua
Idatzi ezazu samurtasunen
Frontoian.

Gure ahots… nahastuek bilbatu
Kanta desagertu baten moduan idatzi ezazu!

Irri algara idatzi ezazu memorien tintaz
Ergelak ametsez dauden ibai karatsaren ertzean.
Haien heriotik etorri da besarkada marea bat!
Idatzi ezazu, eta sekula gehiago ez dezala
Jo arrazoiaren hil-zeinuak!

Idatzi ezazu, idatzi ezazu dolu beltzetik landa,
Eztanda oihuen ondotik,
Malko gorriak idatzi itzazu, idatzi erreka urdinak,
Eta bildu ezazu arkatz erauntsi bat
Zerua ortzadar-ezti kolorez margotzeko adina.

Idatzi ezazu, idatzi, irakurri, eta bizitza honen ogia oratu!


Euskaraz, Itxaro Bordak



11 novembre 2015. A Brigitte.

Inharria.

Comme s'ouvre soudain une sente secrète,
espérée, aperçue et demeurée muette,
ce matin est entré, la porte était ouverte.


La Rhune était voilée au mitan de l'automne,
le village dormait et reposait ses cendres.
Et ce 11 novembre aux coeurs restés fidèles
fut hommage et sillon d'humanité tenace,
printemps sous la grisaille, bric-à-brac de nos rêves.

En franchissant ton seuil, Inharria discrète,
je rebrousse chemin vers l'enfance effacée!...
Tu n'es pas un musée mais une arche de vie
où chaque objet chuchote, sourit et puis se taît.

Dans la sage pénombre des coffres ciselés
se nichent des banquets aux visages sculptés,
les sonaillles clarinent doucement et chantent les rondeurs
des bêtes assoupies dans la mémoire brune.

La chistera se courbe et suspend, un instant,
la frappe rebondie qui épouse l'espace.
Le licou et l'araire dessinent sous les poutres
le lent labeur passé d'où parlent les ancêtres....


Le texte complet sera affiché bientôt à Inharria, je vous invite à découvrir ce lieu extraordinaire.




 
9 décembre 2014. Arcangues.

Aux marches du palais,
aux marches de l'hiver,
l'était un hâvre fier,
un marché de Noël
comme un jardin d'hier.

Riches ou malandrins,
s'en éprennent, y reviennent
et, pour leur bon plaisir,
venus, mages décalés,
festoyent les bordelais.

Les voici, précédés de leur cour,
cuisiniers, troubadours,
officiers, officières du tourisme alentour,
et, cerise au gâteau ou piment sur l'chapiteau,
décorateurs du Bel Canto !
Qu'en diriez-vous, Luis Mariano?

Se régalèrent et nous laissèrent,
suspendue, aux couleurs bayadères*,
une symphonie d'herbes-chimères,
en place de jambons, une fabuleuse décoration.

Et nos regards se perchent aux nigelles,
aux lavandes, à l'ail, tresse-magie,
nous suivons le baron d'Italo Calvino,
et musardons, légers, dans la féerie-moisson.
Les lumières de l'été balancent doucement leurs lueurs aux châlits*.
Leurs vagues de parfums gondolent :
souvenirs de prairies de la belle Italie.

Grimpons allègrement dans cette fantaisie,
dans l'attente de l'an, au chant d'Eguberri.

Violon, accordéon épousent les bâtons
aux pas de fandango, erdizka, jauzi*.
La farandole répond aux guirlandes-folies,
le maillet bat l'enclume et sculpte, médiéval,
notre paysannerie.

En bouquets rouges et gris voguons pour une nuit
comme archanges éblouis.
Olentzero*, bientôt, aura le dernier mot :
de la terre manante portera sur le dos
la mémoire des gueux*et des braises noircies
au coeur de nos abris.
Arrangoitz*, Italie, adio et merci ! 


 Sources : Dictionnaires en ligne Lexilogos.

*bayadère : Tissu de toute matière présentant des effets de larges rayures multicolores dans le sens de la chaîne.
*châlit : aujourd'hui, cadre en bois ou armature métallique de lit.
  • jauzi : pas de danse basque
  • Olentzero : personnage de la mythologie basque présent au moment du solstice d'hiver.
  • gueux : Celui, celle qui est réduit(e) par la plus extrême pauvreté à mendier pour subsister.


    A partir de maintenant et jusqu'en juin 2017  vous pouvez aller voir mon site à l'adresse suivante :
    www.me-tissages.net
    Ensuite l'adresse de ce blog : www.me-tissages.com vous mènera directement au site !
    Bonne visite et merci de votre fidélité !
    Anne.