A propos de "Mé-tissages", qui suis-je?


   Même si cette photo date de 2005, enthousiasme et sourire sont toujours de mise : je m'appelle Anne Fruchon,  suis née en 1954, ai commencé à tricoter en 1962 et la douceur de la laine ne m'a plus jamais quittée!
Souvenirs, souvenirs :
   *** Noël 1962 chez ma grand-mère : première pelote de laine chinée bleu et blanc, premières aiguilles à tricoter...bleues, et première écharpe..."margagnée ", bien sûr !
note : une margagne est un trou, un défaut bien visible dans le tricot, une maille oubliée qui file, file...par exemple.
   *** Dans les années 7O : premier pull à torsades, couleur, ...oui, allez, j'ose le dire...moutarde, caca d'oie bien nourrie,  quoi  ...il n'y a déjà que Maille qui m'aaille...
   *** 1976 : ma cousine Anne me donne un petit cadre à tisser Tissanova et les fils en sont jetés! Les études littéraires touchent à leur fin, le tricot  prend le pas sur les révisions des poèmes de Ronsard , de Jacques le Fataliste de Diderot, j'en passe et des passionnants...

                             Voici le résultat : une veste-vestige de cette époque "bab" qui me tient toujours chaud!


Puis viennent les premières "créations", bien grand mot pour les cagoules, chaussettes, ponchos bariolés offerts aux potes de bohème. C'était au 5 Rue Pierre de Coubertin, à Bordeaux : table ouverte et nouilles à toute heure, feu dans la cheminée du XIV ième siècle, s'il vous plaît, le reste était sacrément vétuste, mais ça ne nous a pas empêchés de tisser, refaire le monde en musique, bosser nuit et jour, car les premières expos arrivent :
* la toute première : Marché Saint Michel, sur un plastique, au sol.
* Lib 33 dans le vieux Bordeaux, le luxe d'une belle voûte en pierre blonde!
* le marché du jeudi, Place Saint Pierre, les premiers amis et Françoise qui vendait des paniers marocains!
*Le village médiéval de La Hume, les étés 1977 et 1978 : petite échope en face de José, le dinandier. C'est là que les Pourrut, ma famille amie, cela va de "soie", entrent dans ma vie!
* " 38 artisans d'Aquitaine", les automnes 1977 et 1978, à Saint Emilion, dans le cloître, avec l'APRASAQ.

Les vestes, gilets et robes marrient déjà le jacquard et le tissage, les laines sont parfois filées et teintes à la main par les doigts de fée d'Annie Hitier, je tricote  et tisse avec passion sur le magnifique et gigantesque métier de Panchoa. les abat-jour classiques, déjà ornés de dentelles noires prennent pied sur les bois tournés d'Eric, à La Hume.

Après 30 ans de bons et loyaux services dans l'E.N : non, ce n'est pas l'école normale, c'est l'Education Nationale...je reprends la navette et quitte la galère !
 Alors j'expose dans de nombreux lieux autour de Bordeaux, du Bassin d'Arcachon, des Landes et je prolonge mon périple vers le Pays Basque et les Pyrénées. Quelques lieux d'exposition mémorables :
Bergerac, Arcachon, Uzeste, Moustey,  Barbotan, Saint Emilion, Dax, Andernos, Montfort-en-Chalosse, Poyanne, Itxasou, Bayonne, St Vincent de Tyrosse, etc...

Je suis auto-didacte, travaille avec le livre en deux tomes de Pierre Ryall " Le Tissage à la main", mine de techniques, de conseils de bon sens et d'idées de motifs de tissus. Un stage sur le point-toile à "l'Atelier de Babou", le blog de "Faire et Fil", les sites sur les tissus Bambaras en particulier, les multiples influences ethniques, mon regard sur la peinture, les paysages proches ou lointains : voici ce qui alimente ma création d'un point de vue visuel et technique.

Actuellement et déjà depuis quelque temps,  je me tourne de plus en plus vers la création de mobiles, de panneaux, sortes d'abat-jour ou bien tableaux, et j'explore le passage de la lumière à travers ces lignes et couleurs. Mes objets sont toujours inspirés de textes, musiques, paysages et rencontres. ( comme " l'espoir", inspiré de la chanson de Léo Ferré, du même nom, cf. page " mes dernières créations".
L'inspiration naît de la rencontre avec un monde qui entre en résonnance avec le mien, de l'émotion que j'essaie,  chaque fois de façon très parcellaire, d'exprimer en lignes et couleurs, en mots dans les poèmes. La musique joue un grand rôle dans mon tissage et mon écriture, elle accompagne en filigrane chaque instant de travail, comme une respiration, c'est elle qui compose le rythme de ce monde intérieur qui vient s'accrocher, se tendre sur une corde, devant mes yeux, en couleurs...


Pour ce qui est de "Mé-Tissages", mon nom d'"artiste", je prie ceux qui l'ont aussi choisi bien avant moi, de bien vouloir accepter la co-habitation. Merci ! Il correspond à ma petite vision du monde et c'est aussi un engagement pris lors du Marché Latino à Arès, en 2005.

Et maintenant, je me suis bien creusé la tête pour  me décrire, à vous de me poser des questions et d'apporter vos critiques, 
je déclare le blog ..... ouvert !:)